L’art extra-terrestre au XXIè siècle

Du 24 janvier au 03 mai 2026, l’eac. – centre d’art contemporain d’intérêt national en partenariat avec l’Observatoire de l’Espace, le laboratoire culturel du CNES, présente le travail de onze artistes contemporains qui ont abordé l’art extra-terrestre.

Cette exposition-manifeste se veut fondatrice de la  conceptualisation de l’art extra-terrestre du XXIè  siècle. Prenant comme point de départ les expériences du Space art menées dans les années 1980, cette exposition a pour ambition de poser le cadre dans lequel les œuvres contemporaines peuvent se réclamer de l’art extra-terrestre.

Dans l’efflorescence de l’actualité spatiale et le renouvellement de l’intérêt du public pour l’univers spatial, la création contemporaine dispose ainsi d’une opportunité exceptionnelle d’ouvrir un nouveau chapitre de l’histoire de l’art. L’exposition L’art extra-terrestre au XXIe  siècle partage avec le public le résultat d’une interaction directe et originale avec l’Espace mise en œuvre par les artistes contemporains. Les œuvres présentées s’inscrivent dans le contexte des activités aérospatiales et requièrent l’usage de moyens spatiaux : ballons stratosphériques, avion ZERO-G pour effectuer des vols paraboliques, Station spatiale internationale (ISS) ou encore dispositif de réalité virtuelle. De ces usages émergent différentes situations, la plus importante est le changement des conditions physiques au regard de la vie sur Terre. L’absence de pesanteur à bord de l’ISS est utilisée par Eduardo Kac qui conçoit un protocole ensuite exécuté par un spationaute, et par Rob Miles, grâce à un dispositif de réalité augmenté ; tandis que la micropesanteur obtenue par séquence de quelques secondes lors d’un vol de l’Airbus ZERO-G activent les dispositifs de création imaginés par Renaud Auguste-Dormeuil, Alain Bublex, Arthur Desmoulin, Elise Parré, Smith, Stéphanie Solinas et Stéphane Thidet. Le changement de pression atmosphérique qui intervient lorsque s’élèvent depuis la Terre les ballons stratosphériques appose ses marques sur la sculpture de Victoire Thierrée et Bertrand Rigaux offre quant à lui un changement du point de vue d’observation de l’extra-terrestre.

Gérard Azoulay, commissaire de l’exposition et responsable de l’Observatoire de l’Espace du CNES décrit ainsi le travail engagé avec les artistes: « Les plasticiens qui participent à cette exposition sont dégagés de toute action fétichiste dans la réalisation de leur pièce et usent de moyens technologiques, majoritairement de véhicules spatiaux pour produire une œuvre inédite, impossible à produire sur Terre. Par ailleurs, la diversité des médiums utilisés —peinture, photo, vidéo, sculpture, dessin, installation— montrent que l’art extra-terrestre n’est pas enfermé dans une vision techniciste de l’art. Enfin et surtout toutes les œuvres s’appuient sur un travail collaboratif avec l’Espace. » Loin de toute illustration d’une approche conquérante du cosmos, l’art extra-terrestre assume l’usage des moyens spatiaux nécessaires à la production des œuvres et revendique une position originale, dégagée de toute volonté de vulgarisation des activités spatiales et de ses enjeux économiques, politiques et scientifiques. Cette exposition engendre un élan qui est appelé à se développer et engage à expérimenter, à penser autrement pour créer des œuvres qui n’auraient jamais existé sans ce déplacement fondamental.