Aux origines de la bande dessinée : l’imagerie populaire

Le musée de l’Image à Epinal propose une exposition sur le thème de la bande dessinée à découvrir dès le 10 avril 2021.

La bande dessinée – qu’elle dispose ou non de cases et de bulles – est la narration d’un récit pouvant mêler images et textes, séquencé grâce au découpage de la page. Elle trouve son originalité dans la succession des images, chacune étant conçue par rapport à la précédente et à la suivante, contribuant ainsi à la continuité narrative. Ce dispositif est plus ancien qu’on ne le croit…. Aujourd’hui véritable phénomène de société, la bande dessinée n’a pas toujours eu bonne presse. Si elle représente actuellement l’un des secteurs les plus prolifiques en librairie, si elle est
regardée, lue et collectionnée par des amateurs de « 7 à 77 ans », elle mit longtemps à se détacher de sa réputation de « sous-littérature » pour se couronner elle-même du titre glorieux de 9e art en 1964. De même, si son invention a longtemps été attribuée aux États-Unis, les historiographes admettent désormais que les premiers exemples sont européens avec les « histoires en estampes » imaginées par le Suisse Rodolphe Töpffer dès 1827.

À bien y regarder, le succès actuel de la bande dessinée fait écho aux disciplines populaires dans lesquelles elle plonge ses racines : la caricature politique, le dessin de presse et l’imagerie populaire. Cette dernière, en mêlant texte et image afin de constituer un récit continu et séquencé, ouvre très tôt la voie.

A l’heure de la BD numérique, l’exposition, qui ne prétend pas à l’exhaustivité, revient sur les prémices de la bande dessinée, aux sources qui ont alimenté son développement en Europe, en France en particulier, où les éditeurs – comme Pellerin à Épinal ou Quantin à Paris – se sont rapidement orientés vers la jeunesse. Elle montre à quel point les schémas mis en place par l’imagerie populaire des 17e, 18e et 19e siècles ont inspiré les pionniers de la bande dessinée.