Près de soixante ans après avoir fait de l’archéologie, de la mémoire et de la psyché le cœur de leur œuvre, Anne et Patrick Poirier investiront pour la première fois un musée de site. Au milieu des collections antiques et des ruines romaines de Cimiez, leurs architectures imaginaires, vestiges de civilisations disparues et théâtres de la mémoire rencontreront l’épaisseur réelle de l’Histoire.
Amoureux de Rome, où naît leur pratique artistique commune à la fin des années 1960, Anne et Patrick Poirier imaginent depuis 1968 les vestiges de civilisations non advenues. Songes, souvenirs de voyages, pérégrinations réelles ou rêvées et réminiscences de sites archéologiques nourrissent une œuvre où se croisent labyrinthes, cartes mentales, plans de musées utopiques et traces de villes fragmentaires. À travers ces « théâtres de la mémoire », les artistes interrogent la nécessité de préserver et de ne pas oublier.
Avec Mémoires des ruines, sculptures, installations et photographies entreront en résonance avec le passé et la mémoire du Musée d’archéologie de Nice/Cimiez. Des collections archéologiques aux vestiges des thermes romains, les œuvres se confronteront au poids de l’histoire et aux méandres du temps. Plusieurs auront été conçues spécialement in situ.
L’exposition présentera également de manière inédite Lorsque j’essaie de visualiser…, un grand marbre gravé et rehaussé à la feuille d’or appartenant aux collections du MAMAC. Réalisée en 1981 et acquise par la Ville de Nice à l’occasion de l’exposition personnelle des artistes à la galerie des Ponchettes, l’œuvre appartient à la série Fragments d’une utopie. Elle évoque une architecture mentale et labyrinthique, où l’exploration de l’intériorité devient une métaphore de la connaissance de soi, de la psyché et de la création artistique.
Pensée spécifiquement pour le Musée d’archéologie de Nice/Cimiez, Mémoires des ruines proposera une balade sensible et poétique au sein d’un lieu d’histoire. Nourrie par l’archéologie, l’utopie et la psyché, l’exposition abordera la mémoire, la fragilité des cultures et la transmission des savoirs, et invitera à porter un regard renouvelé sur les collections du Musée d’archéologie de Nice/Cimiez.