Philippe Decrauzat développe une pratique qui interroge les mécanismes de la perception à travers la peinture, le film et l’installation. La pratique de l’artiste s’ancre dans l’héritage de l’abstraction du XXe siècle et des recherches de distorsions visuelles menées par les artistes de l’Op art et de l’art cinétique dans les années 1960. Son travail explore les phénomènes optiques, les processus corporels et les structures visuelles qui conditionnent l’activité perceptive.
L’exposition présentée au Mrac réunit un ensemble d’œuvres réalisées au cours des quinze dernières années examinant la vision comme un champ d’opérations, plutôt que comme un simple acte d’observation. Le parcours orchestre une déambulation dans laquelle les peintures et les projections génèrent des glissements d’intensité : bascules d’échelle, variations lumineuses, instabilité des seuils de visibilité. Fonctionnant comme une expérience active de la construction du visible, les motifs récurrents du travail de Philippe Decrauzat (damier, labyrinthe, trame, grille, dégradé) composent une traversée mobilisant différents états d’attention, où l’articulation des formes et des références visuelles prend la forme d’une expérience physique.