Du 29 mars au 7 juin 2026, le Musée Paul Valéry à Sète consacre son premier temps fort d’exposition temporaire de l’année à l’artiste sétois André Cervera.
CARAMBOLAGES propose un parcours en trois actes, réunissant une quarantaine d’œuvres récentes, réalisées en 2024 et 2025, et invite le visiteur à explorer les méandres de la mémoire, les paysages mouvants de l’imaginaire et l’histoire de l’art à travers le regard d’un peintre expressionniste et poétique. Pensée comme une traversée faite de métamorphoses, de collisions, d’empreintes et de palimpsestes, l’exposition déploie trois chapitres : Fiction de Sète, Territoires de l’imaginaire et Peintures d’histoire. Chaque œuvre devient un point de friction, un lieu de passage, un espace de transformation, révélant la cartographie intime d’un monde en perpétuel mouvement.
Depuis les années 1980, André Cervera explore la peinture comme une expérience totale, mêlant expressionnisme, transe poétique et expérimentation matérielle. Toiles imprimées ou enterrées, krafts marouflés, peinture pulvérisée, tissus malaxés : autant de procédés qui traduisent une pratique intuitive, énergique et sensible. Masques, figures totémiques, scènes théâtrales et mythologies croisent des références à la Commedia dell’Arte, aux rituels africains ou aux voyages de l’artiste au Sénégal, au Maroc, au Mali, en Inde ou en Chine, donnant naissance à un théâtre d’images où le quotidien et l’universel se rencontrent.
Né en 1962 à Sète et formé aux Beaux-Arts de Sète et de Marseille, Cervera a été nourri par des rencontres déterminantes avec l’œuvre d’Yves Klein, le choc du mouvement punk et le cinéma de Pier Paolo Pasolini. Son travail se construit par strates, coulures et sédimentations, jusqu’aux expérimentations les plus radicales, comme le dessin les yeux bandés ou les collaborations à quatre mains avec la peintre indienne Swarna Chitrakar, où mythes, signes et visions se mêlent. Sa peinture, directe et humaine, conserve la force d’un geste immédiat et profondément vivant.
Aujourd’hui reconnu et apaisé, l’enfant de Sète revendique une forme de revanche : celle d’un artiste issu du peuple, fidèle à son héritage, à son histoire et à la mémoire de la révolution espagnole, qu’il continue de peindre avec passion et obstination.