Victor Brauner, L’Aventure magique

À partir du 3 juillet prochain et pour six mois, le Nouveau Musée National de Monaco dédiera l’ensemble de ses espaces de la Villa Paloma à une figure majeure du surréalisme international, Victor Brauner (1903-1966), un artiste à part dans l’histoire de l’art, dont l’œuvre remarquable reste encore à découvrir.

« Victor Brauner, l’Aventure magique » propose de révéler pour la première fois une collection privée, exceptionnelle et inédite, qui couvre l’ensemble de la production de l’artiste, des années 1920 aux années 1960, entre peinture, dessin et sculpture. En contrepoint de plus de cent soixante œuvres issues de cette collection, seront exposés dix objets d’art extra-occidentaux collectionnés par Victor Brauner et prêtés par le musée d’art moderne et contemporain de Saint-Étienne Métropole.

L’œuvre de Victor Brauner, originale, érudite, pleine d’inventions et d’humour, est nourrie de ses origines roumaines dont les avant-gardes à Bucarest dans les années 1920, puis de la rencontre avec André Breton et le surréalisme à partir de 1933, ainsi que des civilisations archaïques et des mythologies les plus variées. Son attrait pour les ésotérismes et les doctrines les plus secrètes, les Romantiques allemands, ainsi que les arts extra-occidentaux, constitue un merveilleux laboratoire visuel de métamorphoses. Cette création, fascinante et énigmatique, témoigne d’un monde en devenir, passant de l’autobiographie au mystère, pour tendre à l’universalité. L’œuvre polymorphe (peinture, dessin, sculpture, objet), rend compte d’une construction considérable d’objets multiples pour conjurer son monde intérieur et celui qui l’entoure.

Essayant de s’abstraire du réel contingent, Victor Brauner crée des univers légendaires où le fantastique côtoie le merveilleux, rattrapé parfois par l’ironie pour échapper à une barbarie environnante ou sublimé par la magie pour élaborer une cosmogonie personnelle. Malgré la Grande histoire qui pesa lourdement sur Victor Brauner, comme d’autres artistes étrangers du début du XXe siècle, le peintre a poursuivi ses inventions sa vie durant avec une ténacité exemplaire et une originalité généreuse.

« L’exposition, qui lui est consacrée à Monaco, souhaite partager au plus grand nombre l’aventure magique de ce grand artiste, à travers une collection privée unique présentant l’une des œuvres les plus singulières et envoûtantes du XXe siècle » déclare Camille Morando, commissaire.